Sentinelle de mémoire sur le Saint-Laurent
Dressé sur la Côte-Nord du Québec, le phare de Pointe-des-Monts veille depuis près de deux siècles sur l’horizon mouvant du Saint-Laurent. Autour de lui, six bâtiments racontent l’histoire d’un lieu façonné par la mer : la maison du gardien, le pigeonnier, l’entrepôt, la poudrière et le pont qui relie l’îlot rocheux à la terre ferme. Ensemble, ils composent un tableau où l’architecture se mêle à la mémoire.
Construit en 1829, le phare s’élève en sept niveaux de pierre, coiffé de sa lanterne d’origine, témoin des nuits où la lumière guidait les marins. En 1853, ses murs furent habillés de bardeaux de cèdre pour repousser l’humidité, geste simple mais vital dans ce climat rude. La maison du gardien, érigée en 1912, partage ce même manteau de bois, comme une alliance entre tradition et nécessité.
Aujourd’hui, sous la direction de la firme BGLA et la SODEC, le site retrouve son éclat. Les bardeaux anciens ont été remplacés par des bardeaux de cèdre prépeints, les parements de bardeaux ou de clins restaurés, de nouvelles portes et fenêtres redonnent vie aux façades. La lanterne, cœur lumineux du phare, a été soigneusement remise en état, tandis que les systèmes électriques et mécaniques sont modernisés pour répondre aux normes de sécurité et d’accessibilité.
Ainsi, Pointe-des-Monts demeure plus qu’un repère, c’est une sentinelle poétique, un lieu où le passé parle avec le présent, et où chaque pierre raconte la persévérance face aux rigueurs climatiques.


